L’UE ADHÈRE À LA PAX SILICA ET CONFIRME SON STATUT DE PÉRIPHÉRIE
DE WASHINGTON
[MEDIAPART]
Le 25 juin, l’Union européenne a officiellement signé la
déclaration de Pax Silica à l’initiative des États-Unis. Derrière
cette initiative en apparence anodine de soutien à l’industrie
numérique se dessine la construction d’un bloc centré sur le capital
technologique de la Silicon Valley.
Romaric Godin [1]
2 juillet 2026 à 17h53
Vous voulez comprendre l’impact de la présidence Trump ?
Inscrivez-vous à la « lettre américaine » [2] et recevez notre
newsletter chaque mois.
CôtéCôté pile, il y a les discours grandiloquents de l’Europe sur
la « souveraineté numérique », sur la nécessaire indépendance du
Vieux Continent à l’égard des États-Unis et les péroraisons [3]
sur le _« moment gaullien de l’Europe »_. Côté face, il y a
capitulation sur capitulation et l’intégration silencieuse, mais
certaine, de l’Union européenne (UE) à l’architecture
militaro-technologique états-unienne.
Ainsi, un an après avoir accepté un accord commercial déséquilibré
[4] avec Washington qui a finalement été adopté par le Parlement
européen, Bruxelles a annoncé, jeudi 25 juin, l’adhésion officielle
de l’UE à l’initiative Pax Silica. Une signature qui intègre les
Vingt-Sept dans un régime de vassalisation avancé.
Pour comprendre pourquoi, il faut saisir ce qu’est la Pax Silica, une
initiative lancée en décembre 2025 par Washington et six de ses
alliés les plus proches (Royaume-Uni, Japon, Corée du Sud, Israël,
Singapour et Australie) sous la forme d’une simple déclaration non
contraignante visant à _« renforcer les chaînes d’approvisionnement
»_ des industries numériques, surtout celle de l’intelligence
artificielle (IA).
Jacob Helberg, l’homme qui a porté pour les États-unis le projet Pax
Silica, le 12 décembre 2025, à Washington. © Photo Tasos Katopodis /
Getty Images via AFP
La déclaration vise à _« améliorer la coordination » _entre des
pays _« alliés »_ et _« dignes de confiance »_. Autrement dit :
l’initiative cherche à créer un réseau de confiance pour sécuriser
l’accès aux ressources, aux voies commerciales et aux marchés dans
le domaine de l’IA. En cela, ce n’est pas vraiment une innocente
déclaration d’intention.
Benjamin Bürbaumer, maître de conférence à Sciences Po Bordeaux et
auteur de _Chine/États-Unis, le capitalisme contre la mondialisation_
(La Découverte, 2024), intègre cette initiative dans _« une volonté
explicite des États-Unis de sécuriser entièrement la chaîne de
valeur de l’IA, depuis les matières premières jusqu’à la demande
solvable »_. La Pax Silica entend contrôler la _« matérialité de
l’IA »_, indique-t-il, et elle est, en cela, _« complémentaire du
plan sur l’intelligence artificielle lancé par Washington l’année
dernière »_ afin de soutenir son capital technologique.
INSTRUMENT DE DOMINATION
L’expression utilisée, elle-même, Pax Silica, est, d’ailleurs,
déjà tout un programme : elle s’inspire évidemment de la Pax Romana
et désigne une forme de paix impériale, produit de la domination
d’un centre sur des périphéries. Cette paix armée repose, cette
fois, sur la silice, un composant central pour les semi-conducteurs et,
plus généralement, pour l’économie numérique. La promesse de la
Pax Silica est donc celle d’une stabilité et d’une prospérité
fondées sur la domination commune des acteurs privés du numérique et
de l’État fédéral états-unien.
Avant d’expliciter les modalités de cette domination, il faut
insister sur ce dernier point : l’ère de l’IA sera celle d’une
forme de « privatisation » de la diplomatie états-unienne, qui
organise la centralité de son secteur numérique au niveau mondial,
mais aussi d’étatisation des grands groupes du numérique qui ont
besoin de la force impériale états-unienne pour avoir accès aux
ressources et aux marchés. La connivence habituelle entre le capital
technologique et l’État fédéral se mue en une sorte de fusion
d’intérêt et d’action. C’est d’ailleurs un des points les plus
frappants – quoiqu’implicite – défendus par le manifeste [5]
d’un des principaux acteurs de l’IA états-unienne, Palantir.
Cette évolution est significative du nouveau capitalisme d’État qui
se met en place en Occident. Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si
l’homme qui a porté cette initiative, Jacob Helberg, aujourd’hui
sous-secrétaire d’État pour les affaires économiques, est très
proche des milieux de l’IA, notamment de la « PayPal mafia » qui
contrôle notamment le géant Palantir.
Ce même Jacob Helberg, ancien de Google, a aussi été conseiller
d’Alex Karp, le président de Palantir. Son époux, Keith Rabois, est
un ancien partenaire du Funders Fund de Peter Thiel, le fondateur de
PayPal et de Palantir. Leur témoin de mariage en 2018 n’était autre
que Sam Altman, président d’OpenAI. Bref, Jacob Helberg est un
représentant de l’industrie de l’IA et en particulier de son
courant le plus radical.
La vision de Jacob Helberg est une concentration de l’évolution
récente du capitalisme : la concurrence conduit à la médiocrité et
à la stagnation, le monopole à la puissance et au profit.
Jacob Helberg a résumé la vision sur laquelle est fondée la Pax
Silica : _« Si le XXe siècle reposait sur le pétrole et l’acier, le
XXIe siècle reposera sur le calcul _[_compute _– ndlr]_. »_
Autrement dit : qui contrôle la capacité à utiliser les données
contrôle le monde. Pour Jacob Helberg, l’IA est donc une base sur
laquelle repose la future puissance politique, militaire et économique
d’un pays. La Pax Silica entend donc sécuriser cette puissance avec
une double ambition : bloquer le développement de la Chine dans l’IA
et empêcher la mise en place de rivaux au sein même du camp
occidental.
Jacob Helberg l’a très clairement déclaré : la Pax Silica est
construite contre la notion de souveraineté numérique. Pour lui, de
façon très significative, une telle souveraineté conduit à une _«
médiocrité synchronisée »_. Il lui oppose la _« souveraineté de
l’innovation »_ dans laquelle chaque pays développerait sa propre
spécialité pour améliorer l’ensemble. Mais l’ensemble est bel et
bien dominé par un centre, le capital technologique états-unien autour
duquel cette _« innovation »_ doit s’organiser. La vision de Jacob
Helberg est une concentration de l’évolution récente du capitalisme
: la concurrence conduit à la médiocrité et à la stagnation, le
monopole à la puissance et au profit.
Dans une analyse [6] publiée par l’Association de Washington pour le
commerce international (Wita), Uri Gabai explique que l’initiative
cherche à organiser le contrôle par les États-Unis de _« points
névralgiques »_ constituant le fondement de la chaîne
d’approvisionnement de l’IA._ _Sa structure est alors celle d’un
réseau remontant vers les géants états-uniens de l’IA qui vise à
la fois à assurer la dépendance des « partenaires » vis-à-vis du
centre états-unien, mais aussi à affaiblir l’adversaire chinois en
contrôlant des nœuds stratégiques matériels de l’industrie.
_« Compte tenu de l’effet d’échelle propre à l’IA, le contrôle
de ces goulets d’étranglement de l’industrie est un obstacle
important pour la Chine et un atout pour les États-Unis »_, résume
Benjamin Bürbaumer. Par exemple, la signature des Pays-Bas, obtenue en
juin à titre individuel, permet d’assurer le monopole crucial de
l’usage des machines de l’entreprise néerlandaise ASML, qui sont
indispensables à la production de semi-conducteurs de dernière
génération utilisés dans l’IA générative. Mais l’adhésion de
la Grèce [7], du Kazakhstan, du Chili ou de l’Argentine permet aussi
de sécuriser l’accès aux métaux stratégiques pour l’industrie.
La Chine ne s’y est d’ailleurs pas trompée, comme le fait remarquer
Benjamin Bürbaumer, qui rappelle que le dernier plan quinquennal de la
République populaire visait à _« maîtriser les technologies clés
centrales »_. Avec la Pax Silica, la logique de bloc se confirme autour
de l’IA, et dans cette logique de bloc, il faut choisir son camp.
C’est ce que cherche à imposer Jacob Helberg.
CONTRÔLE ÉCONOMIQUE, POLITIQUE ET MILITAIRE
Benjamin Bürbaumer insiste ainsi sur _« la division du travail »_
interne à l’initiative. Les vingt-quatre pays membres individuels ont
ainsi tous une fonction précise dans la valorisation du capital
technologique états-unien.
Toutes les dimensions de la chaîne de production de l’IA sont prises
en compte : l’énergie avec les producteurs de pétrole et de gaz,
comme les Émirats arabes unis, le Qatar, la Norvège ou le Canada
(actuellement observateur non signataire) ; les matières premières,
notamment les métaux stratégiques pour les semi-conducteurs produits
en Suède, Finlande, Corée du Sud ou à Taïwan (également observateur
non signataire) ; les nœuds logistiques ou financiers du Panama, de
Singapour, du Royaume-Uni ou des Philippines ; les logiciels japonais ou
indiens ; les machines néerlandaises, la technologie militaire
israélienne et les capitaux émiratis, allemands ou qataris.
Bref, toute la chaîne de valeur est ainsi contrôlée. Et ce réseau
permet de contrôler les partenaires. Pour s’en convaincre, prenons un
exemple fictif. Si un pays signataire tentait, par exemple, de
diversifier ses clients en vendant des semi-conducteurs à la Chine
aussi bien qu’aux États-Unis, que se passerait-il ? En théorie, la
déclaration de Pax Silica ne l’empêche pas. Mais dans les faits,
Washington pourrait considérer que ce partenaire n’est plus digne de
confiance et, _de facto_, pourrait l’exclure de la chaîne logistique
de l’IA états-unienne, contraignant les autres partenaires désireux
de conserver leurs marchés outre-Atlantique de suivre. Le pays en
question n’aurait alors pas d’autre choix que de quitter le bloc ou
se soumettre.
La Pax Silica a aussi une dimension militaire centrale qui est
confirmée par la présence comme membre fondateur d’Israël, le pays
spécialisé dans les échanges entre l’industrie militaire et la
technologie.
Comme le résume l’économiste Evgeny Morozov dans un texte [8] sur
cette initiative, _« dans un monde monopolistique, la diversification
ressemble à un suicide et le seul mouvement rationnel est de devenir un
agent accrédité du détenteur du monopole »_. Avec la Pax Silica,
ajoute-t-il, _« Washington a pour objectif d’exporter non pas des
produits, mais de la dépendance »_. Le caractère non engageant de la
signature qui, semble-t-il, a convaincu la France de lever son
opposition au sein de l’UE, est donc une simple fiction.
D’autant que la Pax Silica dispose également d’une dimension
géopolitique. En cherchant à freiner le développement de l’IA en
Chine, alors même que ce pays en fait sa priorité stratégique,
Washington sait qu’il s’expose à des tensions géopolitiques
d’autant plus évidentes qu’un des nœuds de l’IA est Taïwan, où
la quasi-totalité des semi-conducteurs nécessaires à l’IA sont
produits.
La Pax Silica a aussi une dimension militaire centrale qui est
confirmée par la présence comme membre fondateur d’Israël, le pays
spécialisé dans les échanges entre l’industrie militaire et la
technologie. Cela confirme deux éléments : d’abord le fait que
l’initiative défend la militarisation de l’IA, ensuite que son
propre développement est la garantie de sa propre sécurité en tant
que bloc. Une des ambitions de la Pax Silica est le renforcement
militaire du bloc centré sur les États-Unis à partir de l’IA.
> L’Europe a toujours eu une place subordonnée dans le capitalisme
> dirigé par les États-Unis, mais avec cette adhésion, il y a une
> explicitation de cette subordination sur le plan numérique.
Benjamin Bürbaumer, maître de conférences à Sciences Po Bordeaux
C’est aussi pour cette raison qu’il existe des signataires
stratégiquement insignifiants pour l’industrie, mais politiquement
importants, comme le Salvador, dont le président autoritaire, Nayib
Bukele, est une référence politique de la nouvelle extrême droite
pro-états-unienne [9] d’Amérique latine qui vient de remporter
toutes les élections dans le sous-continent.
Reste un dernier pilier à l’ensemble. Le centre organise une forme de
concurrence interne à sa périphérie. Le concept de _« souveraineté
de l’innovation »_ de Jacob Helberg traduit ce fait : le bloc est
hiérarchisé en fonction du caractère stratégique de ce qu’offrent
les partenaires de Washington. Des pays comme Israël, les Pays-Bas ou
Singapour peuvent donc afficher des niveaux de développement avancés
et prendre une part plus grande du gâteau, même s’ils restent dans
la dépendance au centre états-unien.
Quant aux autres, à eux de faire aussi bien. Evgeny Morozov estime
ainsi que la Pax Silica induit _« un nouveau cycle de soumission dans
lequel les États sont en concurrence non pas pour leur indépendance,
mais pour la proximité »_ avec le centre. La concurrence est donc
déplacée du marché mondial vers l’intérieur même du bloc pour
être mise au service du monopole. La mondialisation ne disparaît pas
en tant que telle, elle change de nature.
LA CAPITULATION EUROPÉENNE
Et l’Europe dans tout ça ? La Commission européenne se cache dans
son communiqué assez laconique derrière l’argument de la _«
coopération internationale »_ et du soutien à la _« compétitivité
»_ et à la _« souveraineté »_. Tout cela est un rideau de fumée au
regard de la vraie nature de l’initiative. En réalité, l’UE a
cédé à Washington parce que la Pax Silica induit un coût élevé à
une non-participation que Bruxelles n’était pas prête à accepter.
Sur le plan économique, une non-participation menace de réduire
l’accès aux services d’IA états-uniens jugés critiques désormais
pour les entreprises. Sur le plan politique, elle brise un lien de
confiance avec Washington.
L’UE a désespérément besoin de croissance. L’effondrement
industriel allemand et la stabilisation de la croissance du PIB aux
alentours de 1 % par an menacent les systèmes sociaux du Vieux
Continent. La perspective de voir s’ouvrir de nouveaux marchés dans
le cadre de la Pax Silica et d’en être exclu devenait intolérable
pour le Conseil et la Commission.
Face aux nécessités économiques, le prix à payer – la dépendance
–, est considéré comme relativement faible. C’est d’autant plus
vrai que, derrière les discours claironnants, une grande partie des
pays de l’UE sont incapables de s’autonomiser vis-à-vis des
États-Unis. Le réflexe en matière de défense, comme en matière
économique, est de chercher à s’intégrer dans la sphère
d’influence états-unienne. Le danger sécuritaire que représente la
Russie et le poids du deuxième choc commercial chinois ne peuvent que
renforcer ce réflexe que la présence d’un Donald Trump à la
Maison-Blanche a à peine modifié. La dépendance de l’UE aux
États-Unis n’est donc pas un problème.
Enfin, la stratégie de Washington a consisté à affaiblir l’UE en
ciblant non pas une signature de l’UE, mais des signatures de pays
individuels. C’est la logique de la Pax Silica : prioriser les nœuds
stratégiques et créer de la concurrence au sein du bloc. On l’a vu,
Washington a beaucoup insisté pour obtenir l’adhésion des Pays-Bas.
Plusieurs autres pays européens ont aussi été ciblés
individuellement : les pays nordiques, l’Allemagne, la Grèce.
De fait, pour l’UE, une signature commune devenait une question de
survie pour freiner cette logique de fragmentation. Pour autant, cette
signature n’a pas « annulé » celle de certains pays membres, ce qui
renforce ce que l’on a pointé plus haut : la hiérarchisation interne
à l’ensemble. Déjà, cette _« concurrence pour la proximité »_
dont parle Evgeny Morozov s’est mise en place en Europe, chacun
rêvant de récolter les miettes du monopole états-unien. Et cela a
été un aspect crucial de la signature commune des Ving-Sept.
La France, par exemple, ne pouvait guère se résoudre à renoncer aux
investissements dans l’IA promis lors des sommets Choose France. Or,
rester hors de la Pax Silica signifiait, pour beaucoup d’acteurs, la
possibilité de déplacer ces investissements vers des pays « de
confiance ». En Allemagne, le chancelier Friedrich Merz, par exemple,
cherche désormais à produire des armes états-uniennes sur son sol
[10] et il ne pouvait, en conséquence, que s’empresser de sonner à
la porte de la Pax Silica.
Pour Benjamin Bürbaumer, _« l’Europe a toujours eu une place
subordonnée dans le capitalisme dirigé par les États-Unis, mais avec
cette adhésion, il y a une explicitation de cette subordination sur le
plan numérique »_. Et les conséquences pourraient être majeures. La
place globale de l’UE dans l’ensemble est celle d’un marché
périphérique et, en tant que tel, il va devoir se modeler sur les
désirs du centre.
C’est notamment le cas en matière de régulation. Comme le souligne
Uri Gabai, par nature, _« la Pax Silica présuppose un environnement
permissif pour le développement de l’IA »_. C’est logique : la
structure vise à assurer un profit croissant pour le capital
technologique européen. Pour cela, il faut non seulement assurer une
fuite en avant technologique assurant une mainmise de l’IA sur les
différents secteurs de l’économie, mais aussi s’assurer que cette
mainmise ne soit pas contrainte par la régulation. C’est ici que la
participation même de l’UE est critique pour la Pax Silica ; il est
aussi nécessaire de contrôler les marchés, pas seulement les
ressources.
L’an passé, Donald Trump a tenté d’intégrer cette question dans
les négociations sur les droits de douane. En vain. Il a cependant
obtenu une révision à la baisse [11] de la régulation de l’IA sous
forme de _« simplification »_, en grande partie avec l’appui d’un
lobbying de certains groupes comme Meta [12]. Mais l’intérêt du
capital états-unien est incontestablement d’aller plus loin. Et
c’est ce que va permettre la signature de la Pax Silica.
La Pax Silica est le tombeau concret des discours vides des dirigeants
européens.
Désormais, l’UE va devoir défendre sa position de « partenaire de
confiance » des États-Unis, alors même qu’elle dépend, par
exemple, pour ses services de stockage de données à 70 % des acteurs
états-uniens et qu’elle va entrer dans une logique croissante de
dépendance. Là encore, au nom de la stabilité géopolitique (la «
paix »), il faudra céder sur la régulation. Nul doute que les
signataires directs de la déclaration, ceux qui sont les plus
intégrés dans le dispositif (et qui auront le plus à perdre dans une
confrontation avec leur donneur d’ordre états-unien) deviendront les
plus fervents défenseurs de la dérégulation.
Ce qui est frappant, c’est que cette signature entre en contradiction
avec la plupart des objectifs affichés de l’UE : l’autonomie en
matière de défense, la souveraineté numérique, la régulation de
l’IA. Les discours progressistes et post-néolibéraux européens sont
désormais dissous dans la capitulation sans condition. La signature
néerlandaise, portée par le premier ministre centriste Rob Jetten, qui
s’est présenté durant la campagne électorale de début d’année
comme un rempart anti-Trump, est le symbole de ce désastre. La Pax
Silica est le tombeau concret des discours vides des dirigeants
européens.
Romaric Godin [1]
Links:
——
[1] https://www.mediapart.fr/
[2]
https://www.mediapart.fr/
[3] https://legrandcontinent.eu/
[4]
https://www.mediapart.fr/
[5]
https://www.mediapart.fr/
[6] https://www.gisreportsonline.
[7]
https://rareearthexchanges.
[8]
https://www.alai.info/en/pax-
[9]
https://www.mediapart.fr/
[10]
https://www.politico.eu/
[11]
https://www.consilium.europa.
[12]
https://www.euractiv.com/news/






