La crise du Coronavirus et les deux modèles de capitalisme

0
193

Par Dimitris Konstantakopoulos (*)

Il est clair que nous entrons dans une ère de conflits sociaux, politiques et internationaux très graves et que nous ne pouvons exclure de nouvelles guerres.

Cela a commencé comme une crise en Chine, puis s’est transformé en une crise sanitaire mondiale accélérant une crise économique mondiale déjà très profonde, qui menace également de provoquer ou intensifier des conflits géopolitiques ouverts. La crise économique interagit aussi fortement avec les efforts du capitalisme occidental pour contrôler la montée de la Chine, de la Russie et d’autres puissances internationales. La crise reflète simultanément les nombreux problèmes de « vie ou de mort » que l’ humanité.confronte a cause du développement de nouvelles forces productives et de technologies formidables.

Nous savons très bien, de l’histoire du capitalisme, que les crises aussi profondes que celle à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui – en réalité depuis 2008 – comparable aux crises de 1873 et 1929 ont la capacite et le potentiel de provoquer des ruptures et de « changements de régime ». Les deux précédentes crises d’une même profondeur (1873, 1929) ont produit deux guerres mondiales, des révolutions (Russe et Chinoise), des « contre-révolutions » (Fascisme et Nazisme) et d’énormes projets de réforme (New Deal, le modèle capitaliste social-démocrate de “trente glorieuses”).

S’il est impossible de faire des prédictions ceratines pour l’avenir, il est déjà clair que nous entrons – au plan mondial – dans une ère de conflits sociaux, politiques et internationaux très graves, ne puvant pas exclure de nouvelles guerres. Nous ne pouvons pas dire ce que sera le monde de demain ou quelle sera la place du capitalisme dans ce monde. Ce que nous pouvons dire avec presque certitude, c’est que le monde futur sera très différent de celui que nous connaissons.

Une situation radicale demande des réponses radicales

Si une telle prédiction se réalise, cela signifie que la gauche occidentale, et les forces qui veulent, ou sont obliger de confronter l’ agressivite de l’ Imperialism Occidental, emanant du Sud, de la Chine ou de la Russie doivent quitter leurs stratégies habituelles, essentiellement « conservatrices», leurs efforts pour défendre l’acquis de la situation précédente, et trouver un moyen de « répondre » aux forces les plus agressives de l’« Empire de la Finance » et du capitalisme occidental.

Si vous êtes conservateur dans des temps radicaux, des temps de changements énormes et des bouleversements, vous êtes condamnés à perdre. Il en va de meme si vous êtes radical dans des temps plus « conservateurs ».

Bien sûr, nous ne voulons pas dire qu’ il faudra se lancer dans une sorte de guerre contre l’Amérique et l’Occident. Ce que nous voulons dire, c’est que les forces qui affrontent  l’ agreesivite imperialiste doivent trouver la force et l’inspiration pour proposer et se battre pour un nouvel ordre mondial radicalement différent. Quant à la gauche occidentale, si elle existe et pour qu’ elle existe, elle doit aussi remettre en cause l’ordre établi d’une manière fondamentale. Si elles ne le font pas, toutes ces forces vont courir le risque de défaites énormes et meme d’aider, par inadvertance, les forces les plus radicales de la finance internationale et le capitalisme occidental, augmentant ainsi aussi la probabilité de guerres catastrophiques ou d’autres catastrophes mondiales.

Comme ils le font habituellement en temps de crise, les « léninistes des marchés » tenteront très probablement d’utiliser la crise et le choc associé pour faire avancer leur programme. Ils savent que le capitalisme occidental, tel que nous le connaissons, n’est pas viable. Ils tenteront d’exploiter la crise afin de le remplacer par un système totalitaire bien pire, par une techno-féodalité et par une situation de guerre permanente pour maintenir leur domination. Ils le font déjà en lançant des guerres froides et des guerres de sanctions contre la Chine, l’Iran, Cuba et la Russie, ou en faisant sauter le système international (OMS).

Certaines personnes signent des articles décrivant la fin du capitalisme à la suite de cette crise. C’est une illusion. Le capitalisme trouvera toujours un moyen de survivre. Il est même capable de nous pousser vers son cimetière car il lutte pour survivre. Le capitalisme ne mourra pas automatiquement, à cause de ses contradictions internes. Il ne disparaîtra et ne sera remplacé comme système social que si les gens le font disparaître.

Une crise du passé, mais aussi une crise d’avenir

Rien de ce que nous avons déjà exposé n’est vraiment nouveau dans l’histoire humaine et, en particulier, dans l’histoire du capitalisme mondial. Ce qui est fondamentalement nouveau et rend cette crise potentiellement la plus dangereuse de toute l’histoire de l’humanité, c’est le fait qu’elle se déroule en présence de nouvelles forces productives et technologies que nous avons développées et continuons à faire, dans un rythme exponentiel, depuis 1945. Ces forces productives et technologies, si elles ne sont pas contrôlées, non seulement sont capables de détruire la vie sur terre, mais elles le feront à coup sûr, très probablement au cours de ce siècle. Pour les contrôler, nous avons besoin d’un système de relations sociales, économiques, internationales, radicalement différent, nous avons besoin en effet d’une civilisation différente. Cela semble irréaliste et utopique. Mais il est beaucoup plus utopique et irréaliste d’espérer que le monde survivra tel qu’il est organisé aujourd’hui.

Ce n’est pas seulement irréaliste, c’est clairement impossible et nous devons commencer par cet élément de réalité afin de construire la politique.

Si cette idée devient commune dans l’esprit des gens, alors probablement ils trouveront la force et la motivation de modifier fondamentalement la situation, rendant un autre monde possible. En ce sens, la crise du coronavirus n’est pas seulement une tragédie, c’est aussi une opportunité, probablement la dernière que nous aurons.

C’est une opportunité parce que même aujourd’hui, avec toute cette crise et les catastrophes qui se déroulent partout dans le monde, cela n’est en rien comparable à ce qui adviendra si nous laissons la production, la technologie, l’interconnectivité, l’urbanisation, le changement climatique, la pollution généralisée de notre environnement, de nos esprits, de nos corps et de notre ADN, incontrôlés.

Bien qu’il soit trop tôt pour faire des prédictions spécifiques, les premières indications que nous avons concernant la réponse de l’Empire des finances et de l’establishment occidental à la crise nous fournissent de précieux indices de ce qui va suivre. Ils nous donnent aussi de nombreuses raisons de s’inquiéter.

Lire la suite

La crise du Coronavirus et les deux modèles de capitalisme